Le plan d’épargne en actions, plus connu sous l’acronyme PEA, reste en 2026 l’un des enveloppes fiscales les plus efficaces pour investir en bourse tout en limitant la pression fiscale sur les gains. Son principe est simple : vous versez des fonds sur un compte espèces rattaché au plan, vous investissez dans des actions ou des fonds éligibles, et, à condition de ne pas effectuer de retrait pendant cinq ans, vous bénéficiez d’une exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values et dividendes réalisés à l’intérieur du plan. Le plafond de versement est fixé à 150 000 euros pour un PEA classique. Comprendre les règles de fonctionnement, les contraintes d’éligibilité des titres et les critères pour choisir son établissement permet d’exploiter pleinement cet outil avant de prendre toute décision d’investissement.

Qu’est-ce que le PEA et à qui s’adresse-t-il ?

Le PEA est une enveloppe réglementée, créée en 1992 et encadrée par le Code monétaire et financier, qui permet à tout résident fiscal français majeur de détenir un portefeuille d’actions européennes dans un cadre fiscal privilégié. Chaque personne physique ne peut détenir qu’un seul PEA classique, et un foyer fiscal composé de deux adultes peut donc en cumuler deux, soit un plafond de versement combiné de 300 000 euros.

Depuis la loi PACTE de 2019, un PEA-PME peut venir compléter le PEA classique. Son plafond est fixé à 225 000 euros en 2026, à condition que le cumul des versements sur les deux plans ne dépasse pas 225 000 euros au total. Ce second plan cible les titres de petites et moyennes entreprises européennes et offre la même enveloppe fiscale que le PEA classique.

Le produit s’adresse aux épargnants qui souhaitent investir sur un horizon de moyen à long terme, généralement cinq ans minimum, dans des actions ou des fonds investis majoritairement en Europe. Il convient aussi bien à un investisseur qui souhaite gérer lui-même son portefeuille via un PEA titres classique qu’à celui qui préfère déléguer la gestion à un professionnel via un PEA proposé en gestion pilotée. La liquidité reste possible à tout moment, mais un retrait avant cinq ans entraîne la clôture du plan dans la plupart des cas, sauf exceptions légales spécifiques.

Le plafond de versement à 150 000 euros : ce qu’il faut savoir

Le plafond légal de versement sur un PEA classique est de 150 000 euros. Ce montant correspond aux sommes effectivement versées par le titulaire, c’est-à-dire aux apports en numéraire. Les plus-values, dividendes et intérêts générés au sein du plan ne sont pas pris en compte dans ce calcul : la valeur totale de votre portefeuille peut donc largement dépasser 150 000 euros sans enfreindre la règle.

Concrètement, si vous versez progressivement sur dix ans jusqu’à atteindre 150 000 euros de versements cumulés, vous ne pouvez plus effectuer de nouveaux apports, même si la valeur de marché de vos titres a entre-temps chuté en dessous de ce seuil. Le plafond est atteint dès que vos versements bruts cumulés depuis l’ouverture égalent 150 000 euros, indépendamment des fluctuations de portefeuille.

Un retrait partiel effectué après la cinquième année ne rouvre pas automatiquement le droit à de nouveaux versements dans la limite du montant retiré : depuis la loi PACTE, les retraits après cinq ans n’entraînent plus la clôture du plan, mais ils ne reconstituent pas le plafond disponible non plus. Autrement dit, si vous avez versé 150 000 euros et retirez 30 000 euros après cinq ans, le plan subsiste mais vous ne pouvez plus verser.

Cette mécanique implique de planifier ses versements avec soin et d’ouvrir le plan le plus tôt possible, même avec un apport initial modeste, pour faire courir le délai fiscal de cinq ans au plus vite.

La fiscalité du PEA : l’avantage décisif après cinq ans

L’intérêt principal du PEA réside dans son traitement fiscal différencié selon la durée de détention. En 2026, les règles sont les suivantes.

Avant cinq ans, tout retrait ou rachat entraîne l’imposition des gains au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, qui se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Le plan est en principe clôturé, sauf cas d’exonération prévus par la loi (invalidité de deuxième ou troisième catégorie, licenciement, mise à la retraite anticipée, liquidation judiciaire d’une entreprise).

Après cinq ans, les retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % restent dus sur les gains réalisés. C’est là tout l’avantage du PEA par rapport à un compte-titres ordinaire soumis au PFU à 30 % : l’économie fiscale peut représenter plusieurs milliers d’euros sur un portefeuille performant.

Il faut par ailleurs noter que les dividendes et plus-values réalisés à l’intérieur du plan tant qu’aucun retrait n’est effectué ne font l’objet d’aucune imposition annuelle. La capitalisation s’effectue en franchise d’impôt, ce qui accentue l’effet des intérêts composés sur la durée.

Enfin, à partir de l’expiration des huit ans du plan (dans les anciens régimes, ce seuil est remplacé par les cinq ans depuis 2018), le PEA peut également être converti en rente viagère défiscalisée, une option peu utilisée en pratique mais qui existe pour les épargnants approchant de la retraite.

Quels titres peut-on loger dans un PEA ?

L’éligibilité des titres au PEA est strictement encadrée par la réglementation. Peuvent y figurer les actions ordinaires ou de préférence d’entreprises dont le siège social est situé dans l’Union européenne ou dans l’Espace économique européen (Islande, Norvège, Liechtenstein), ainsi que certains certificats d’investissement, parts de SARL et titres de sociétés coopératives.

Les fonds communs de placement (FCP) et SICAV sont également éligibles, à condition qu’ils investissent en permanence au moins 75 % de leur actif en titres européens répondant aux critères ci-dessus. Cette règle des 75 % explique pourquoi de nombreux ETF domiciliés en Europe sont éligibles au PEA, tandis que les ETF répliquant des indices américains comme le S&P 500 peuvent l’être via des fonds UCITS à réplication synthétique, à condition que la structure du fonds respecte les contraintes légales.

En pratique, la majorité des courtiers en ligne comme Boursorama, Fortuneo ou Saxo Banque proposent un catalogue d’ETF éligibles PEA, notamment ceux gérés par Amundi, BNP Paribas Easy ou Lyxor (désormais Amundi ETF). Ces fonds permettent d’exposer le portefeuille à des marchés mondiaux tout en restant dans le cadre du plan.

Sont en revanche exclus du PEA : les actions de sociétés non européennes en détention directe, les obligations, les produits dérivés (options, warrants), les SCPI, les fonds monétaires classiques, et les titres de sociétés dont le titulaire du PEA détient directement ou indirectement plus de 25 % du capital.

Comment ouvrir un PEA en 2026 : les étapes pratiques

L’ouverture d’un PEA est accessible à tout résident fiscal français majeur auprès d’une banque traditionnelle, d’une banque en ligne ou d’un courtier spécialisé. La démarche est entièrement dématérialisée chez la plupart des acteurs depuis 2020.

La première étape consiste à choisir son établissement. Les banques traditionnelles comme BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole ou LCL proposent toutes le PEA, mais avec des frais de courtage généralement plus élevés (souvent entre 0,40 % et 0,80 % par ordre) et un catalogue de fonds parfois limité. Les courtiers en ligne et banques digitales comme Boursorama Banque, Fortuneo, Hello Bank! ou BforBank affichent des tarifs nettement plus compétitifs, souvent entre 0 et 0,20 % par ordre pour les actions et des frais nuls sur certains ETF. Des courtiers spécialisés comme Saxo Banque ou Degiro (pour son compte-titres, le PEA restant réservé aux acteurs agréés en France) complètent l’offre.

Pour les investisseurs qui préfèrent la gestion pilotée, des acteurs comme Yomoni ou Nalo proposent un PEA géré, avec une allocation automatique selon votre profil de risque, moyennant des frais de gestion annuels généralement compris entre 0,60 % et 1,60 %.

Une fois l’établissement choisi, il faut fournir une pièce d’identité en cours de validité, un justificatif de domicile de moins de trois mois, et signer la convention de compte. Un premier versement minimum est parfois requis, mais certains courtiers acceptent l’ouverture à partir de 1 euro. Le plan prend date à compter du jour de la signature de la convention, ce qui signifie que le délai de cinq ans commence à courir immédiatement, même si vous n’avez pas encore effectué d’investissements.

PEA ou compte-titres ordinaire : comment choisir ?

La question de l’enveloppe la plus adaptée revient fréquemment. Le PEA et le compte-titres ordinaire (CTO) ne sont pas opposés, ils sont souvent complémentaires.

Le PEA s’impose naturellement pour tout investisseur à horizon long terme qui souhaite exposer une part significative de son épargne aux marchés actions européens ou mondiaux via des ETF éligibles. L’avantage fiscal après cinq ans (exonération d’IR sur les plus-values) est suffisamment puissant pour justifier d’y loger en priorité la part actions d’un patrimoine, dans la limite du plafond de 150 000 euros.

Le compte-titres ordinaire prend le relais dès que le plafond PEA est atteint, ou pour accéder à des titres non éligibles : actions américaines, asiatiques ou émergentes en direct, obligations d’entreprises, ETF à effet de levier, produits structurés. Il n’a ni plafond ni contrainte d’éligibilité, mais ses gains sont soumis au PFU de 30 % ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

L’assurance-vie est une troisième option à considérer, notamment pour sa souplesse successorale et l’accès à des supports diversifiés (fonds en euros, unités de compte), mais les frais de gestion s’ajoutent à ceux des supports sous-jacents, ce qui peut peser sur la performance nette à long terme. Des comparateurs comme ceux proposés par des sites tels que GuideBanque permettent de visualiser les frais réels de plusieurs contrats côte à côte.

En pratique, beaucoup d’investisseurs construisent une stratégie combinant PEA pour les actions européennes et mondiales via ETF, compte-titres pour les actifs non éligibles, et assurance-vie pour la partie défensive et la transmission patrimoniale.

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PEA expliqué : plafond 150 000 €, fiscalité après 5 ans, comment l'ouvrir en 2026

Tout comprendre sur le PEA en 2026 : plafond de versement, avantage fiscal après 5 ans, choix du courtier et étapes pour ouvrir votre compte.

Camille Aubert
Camille Aubert , Conseillère en Gestion de Patrimoine Indépendante (CGPI)
Publié le 12 mai 2026

Le plan d’épargne en actions, plus connu sous l’acronyme PEA, reste en 2026 l’un des enveloppes fiscales les plus efficaces pour investir en bourse tout en limitant la pression fiscale sur les gains. Son principe est simple : vous versez des fonds sur un compte espèces rattaché au plan, vous investissez dans des actions ou des fonds éligibles, et, à condition de ne pas effectuer de retrait pendant cinq ans, vous bénéficiez d’une exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values et dividendes réalisés à l’intérieur du plan. Le plafond de versement est fixé à 150 000 euros pour un PEA classique. Comprendre les règles de fonctionnement, les contraintes d’éligibilité des titres et les critères pour choisir son établissement permet d’exploiter pleinement cet outil avant de prendre toute décision d’investissement.

Qu’est-ce que le PEA et à qui s’adresse-t-il ?

Le PEA est une enveloppe réglementée, créée en 1992 et encadrée par le Code monétaire et financier, qui permet à tout résident fiscal français majeur de détenir un portefeuille d’actions européennes dans un cadre fiscal privilégié. Chaque personne physique ne peut détenir qu’un seul PEA classique, et un foyer fiscal composé de deux adultes peut donc en cumuler deux, soit un plafond de versement combiné de 300 000 euros.

Depuis la loi PACTE de 2019, un PEA-PME peut venir compléter le PEA classique. Son plafond est fixé à 225 000 euros en 2026, à condition que le cumul des versements sur les deux plans ne dépasse pas 225 000 euros au total. Ce second plan cible les titres de petites et moyennes entreprises européennes et offre la même enveloppe fiscale que le PEA classique.

Le produit s’adresse aux épargnants qui souhaitent investir sur un horizon de moyen à long terme, généralement cinq ans minimum, dans des actions ou des fonds investis majoritairement en Europe. Il convient aussi bien à un investisseur qui souhaite gérer lui-même son portefeuille via un PEA titres classique qu’à celui qui préfère déléguer la gestion à un professionnel via un PEA proposé en gestion pilotée. La liquidité reste possible à tout moment, mais un retrait avant cinq ans entraîne la clôture du plan dans la plupart des cas, sauf exceptions légales spécifiques.

Le plafond de versement à 150 000 euros : ce qu’il faut savoir

Le plafond légal de versement sur un PEA classique est de 150 000 euros. Ce montant correspond aux sommes effectivement versées par le titulaire, c’est-à-dire aux apports en numéraire. Les plus-values, dividendes et intérêts générés au sein du plan ne sont pas pris en compte dans ce calcul : la valeur totale de votre portefeuille peut donc largement dépasser 150 000 euros sans enfreindre la règle.

Concrètement, si vous versez progressivement sur dix ans jusqu’à atteindre 150 000 euros de versements cumulés, vous ne pouvez plus effectuer de nouveaux apports, même si la valeur de marché de vos titres a entre-temps chuté en dessous de ce seuil. Le plafond est atteint dès que vos versements bruts cumulés depuis l’ouverture égalent 150 000 euros, indépendamment des fluctuations de portefeuille.

Un retrait partiel effectué après la cinquième année ne rouvre pas automatiquement le droit à de nouveaux versements dans la limite du montant retiré : depuis la loi PACTE, les retraits après cinq ans n’entraînent plus la clôture du plan, mais ils ne reconstituent pas le plafond disponible non plus. Autrement dit, si vous avez versé 150 000 euros et retirez 30 000 euros après cinq ans, le plan subsiste mais vous ne pouvez plus verser.

Cette mécanique implique de planifier ses versements avec soin et d’ouvrir le plan le plus tôt possible, même avec un apport initial modeste, pour faire courir le délai fiscal de cinq ans au plus vite.

La fiscalité du PEA : l’avantage décisif après cinq ans

L’intérêt principal du PEA réside dans son traitement fiscal différencié selon la durée de détention. En 2026, les règles sont les suivantes.

Avant cinq ans, tout retrait ou rachat entraîne l’imposition des gains au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, qui se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Le plan est en principe clôturé, sauf cas d’exonération prévus par la loi (invalidité de deuxième ou troisième catégorie, licenciement, mise à la retraite anticipée, liquidation judiciaire d’une entreprise).

Après cinq ans, les retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % restent dus sur les gains réalisés. C’est là tout l’avantage du PEA par rapport à un compte-titres ordinaire soumis au PFU à 30 % : l’économie fiscale peut représenter plusieurs milliers d’euros sur un portefeuille performant.

Il faut par ailleurs noter que les dividendes et plus-values réalisés à l’intérieur du plan tant qu’aucun retrait n’est effectué ne font l’objet d’aucune imposition annuelle. La capitalisation s’effectue en franchise d’impôt, ce qui accentue l’effet des intérêts composés sur la durée.

Enfin, à partir de l’expiration des huit ans du plan (dans les anciens régimes, ce seuil est remplacé par les cinq ans depuis 2018), le PEA peut également être converti en rente viagère défiscalisée, une option peu utilisée en pratique mais qui existe pour les épargnants approchant de la retraite.

Quels titres peut-on loger dans un PEA ?

L’éligibilité des titres au PEA est strictement encadrée par la réglementation. Peuvent y figurer les actions ordinaires ou de préférence d’entreprises dont le siège social est situé dans l’Union européenne ou dans l’Espace économique européen (Islande, Norvège, Liechtenstein), ainsi que certains certificats d’investissement, parts de SARL et titres de sociétés coopératives.

Les fonds communs de placement (FCP) et SICAV sont également éligibles, à condition qu’ils investissent en permanence au moins 75 % de leur actif en titres européens répondant aux critères ci-dessus. Cette règle des 75 % explique pourquoi de nombreux ETF domiciliés en Europe sont éligibles au PEA, tandis que les ETF répliquant des indices américains comme le S&P 500 peuvent l’être via des fonds UCITS à réplication synthétique, à condition que la structure du fonds respecte les contraintes légales.

En pratique, la majorité des courtiers en ligne comme Boursorama, Fortuneo ou Saxo Banque proposent un catalogue d’ETF éligibles PEA, notamment ceux gérés par Amundi, BNP Paribas Easy ou Lyxor (désormais Amundi ETF). Ces fonds permettent d’exposer le portefeuille à des marchés mondiaux tout en restant dans le cadre du plan.

Sont en revanche exclus du PEA : les actions de sociétés non européennes en détention directe, les obligations, les produits dérivés (options, warrants), les SCPI, les fonds monétaires classiques, et les titres de sociétés dont le titulaire du PEA détient directement ou indirectement plus de 25 % du capital.

Comment ouvrir un PEA en 2026 : les étapes pratiques

L’ouverture d’un PEA est accessible à tout résident fiscal français majeur auprès d’une banque traditionnelle, d’une banque en ligne ou d’un courtier spécialisé. La démarche est entièrement dématérialisée chez la plupart des acteurs depuis 2020.

La première étape consiste à choisir son établissement. Les banques traditionnelles comme BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole ou LCL proposent toutes le PEA, mais avec des frais de courtage généralement plus élevés (souvent entre 0,40 % et 0,80 % par ordre) et un catalogue de fonds parfois limité. Les courtiers en ligne et banques digitales comme Boursorama Banque, Fortuneo, Hello Bank! ou BforBank affichent des tarifs nettement plus compétitifs, souvent entre 0 et 0,20 % par ordre pour les actions et des frais nuls sur certains ETF. Des courtiers spécialisés comme Saxo Banque ou Degiro (pour son compte-titres, le PEA restant réservé aux acteurs agréés en France) complètent l’offre.

Pour les investisseurs qui préfèrent la gestion pilotée, des acteurs comme Yomoni ou Nalo proposent un PEA géré, avec une allocation automatique selon votre profil de risque, moyennant des frais de gestion annuels généralement compris entre 0,60 % et 1,60 %.

Une fois l’établissement choisi, il faut fournir une pièce d’identité en cours de validité, un justificatif de domicile de moins de trois mois, et signer la convention de compte. Un premier versement minimum est parfois requis, mais certains courtiers acceptent l’ouverture à partir de 1 euro. Le plan prend date à compter du jour de la signature de la convention, ce qui signifie que le délai de cinq ans commence à courir immédiatement, même si vous n’avez pas encore effectué d’investissements.

PEA ou compte-titres ordinaire : comment choisir ?

La question de l’enveloppe la plus adaptée revient fréquemment. Le PEA et le compte-titres ordinaire (CTO) ne sont pas opposés, ils sont souvent complémentaires.

Le PEA s’impose naturellement pour tout investisseur à horizon long terme qui souhaite exposer une part significative de son épargne aux marchés actions européens ou mondiaux via des ETF éligibles. L’avantage fiscal après cinq ans (exonération d’IR sur les plus-values) est suffisamment puissant pour justifier d’y loger en priorité la part actions d’un patrimoine, dans la limite du plafond de 150 000 euros.

Le compte-titres ordinaire prend le relais dès que le plafond PEA est atteint, ou pour accéder à des titres non éligibles : actions américaines, asiatiques ou émergentes en direct, obligations d’entreprises, ETF à effet de levier, produits structurés. Il n’a ni plafond ni contrainte d’éligibilité, mais ses gains sont soumis au PFU de 30 % ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

L’assurance-vie est une troisième option à considérer, notamment pour sa souplesse successorale et l’accès à des supports diversifiés (fonds en euros, unités de compte), mais les frais de gestion s’ajoutent à ceux des supports sous-jacents, ce qui peut peser sur la performance nette à long terme. Des comparateurs comme ceux proposés par des sites tels que GuideBanque permettent de visualiser les frais réels de plusieurs contrats côte à côte.

En pratique, beaucoup d’investisseurs construisent une stratégie combinant PEA pour les actions européennes et mondiales via ETF, compte-titres pour les actifs non éligibles, et assurance-vie pour la partie défensive et la transmission patrimoniale.

Questions fréquentes

Peut-on ouvrir un PEA et une assurance-vie en même temps ?
Oui, il n'existe aucune incompatibilité légale entre le PEA et l'assurance-vie. Ces deux enveloppes sont complémentaires et de nombreux épargnants les détiennent simultanément. Le PEA est particulièrement adapté à l'investissement en actions avec une fiscalité optimisée après cinq ans, tandis que l'assurance-vie offre davantage de souplesse sur les supports (fonds en euros, immobilier via SCPI, obligations) et un cadre successoral avantageux. Des assureurs et plateformes comme Linxea, Placement-direct ou Spirica permettent d'accéder à des contrats en ligne avec des frais réduits, souvent inférieurs à 0,60 % de frais de gestion annuels sur les unités de compte. Il n'y a pas de plafond de versement en assurance-vie, contrairement au PEA. Combiner les deux enveloppes permet de couvrir un spectre d'actifs plus large tout en optimisant la fiscalité selon l'horizon de détention et les objectifs patrimoniaux de l'épargnant.
Que se passe-t-il si je fais un retrait sur mon PEA avant cinq ans ?
Avant cinq ans, tout retrait ou rachat de liquidités sur un PEA entraîne en principe la clôture automatique du plan. Les gains réalisés (plus-values et dividendes nets) sont alors soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. La loi prévoit toutefois des cas d'exonération permettant le retrait anticipé sans clôture ni pénalité fiscale majeure : invalidité de deuxième ou troisième catégorie, licenciement, mise à la retraite anticipée, ou liquidation judiciaire. Dans ces situations spécifiques, seuls les prélèvements sociaux restent dus sur les gains. Il est conseillé de vérifier les conditions exactes auprès de son établissement et, en cas de doute, de consulter la documentation de l'Autorité des marchés financiers, qui publie des fiches pédagogiques sur le fonctionnement du PEA.
Les ETF sont-ils éligibles au PEA ?
Oui, de nombreux ETF (fonds indiciels cotés en bourse) sont éligibles au PEA, à condition que leur structure juridique respecte la règle des 75 % d'actifs éligibles. En pratique, des ETF répliquant des indices mondiaux comme le MSCI World ou le S&P 500 peuvent être logés dans un PEA via une réplication synthétique : le fonds détient des titres européens éligibles et utilise un swap de rendement pour répliquer la performance de l'indice cible. Des émetteurs comme Amundi ETF (anciennement Lyxor), BNP Paribas Easy ou Invesco proposent des gammes étendues d'ETF PEA-compatibles. Boursorama, Fortuneo, Saxo Banque ou encore BforBank référencent ces ETF dans leur catalogue PEA. Il convient de vérifier l'éligibilité de chaque fonds dans la fiche produit (DICI ou KID) avant tout investissement, car la liste évolue et certains ETF peuvent perdre leur statut éligible.
Quel est le montant minimum pour ouvrir un PEA ?
Il n'existe pas de montant minimum légal pour ouvrir un PEA. En pratique, les conditions varient selon les établissements. La plupart des courtiers en ligne comme Boursorama Banque, Fortuneo ou Hello Bank! acceptent l'ouverture sans versement initial minimum ou avec un premier versement symbolique d'un euro. Les banques traditionnelles peuvent parfois exiger un versement initial de quelques centaines d'euros, selon leurs conditions générales en vigueur. L'essentiel est d'ouvrir le plan au plus tôt pour faire courir le délai de cinq ans, même avec un apport modeste. Vous pouvez ensuite alimenter progressivement le plan par des versements réguliers, dans la limite du plafond cumulé de 150 000 euros. Certains courtiers proposent des options de versements programmés automatiques, ce qui facilite la constitution progressive d'un portefeuille sans nécessiter de capital de départ important.
Un enfant mineur peut-il ouvrir un PEA ?
Non. Le PEA est réservé aux personnes physiques majeures, résidentes fiscales en France. Un enfant mineur, même rattaché au foyer fiscal de ses parents, ne peut pas être titulaire d'un PEA classique ni d'un PEA-PME. En revanche, il existe le PEA Jeunes, créé par la loi PACTE de 2019, destiné aux jeunes adultes rattachés au foyer fiscal de leurs parents, âgés de 18 à 25 ans. Son plafond de versement est limité à 20 000 euros et il fonctionne selon les mêmes règles fiscales que le PEA classique. Dès que le jeune quitte le foyer fiscal de ses parents, le PEA Jeunes est automatiquement transformé en PEA classique et le plafond s'élève à 150 000 euros. Pour un enfant mineur, d'autres enveloppes comme le livret A ou un compte-titres ouvert au nom du mineur par ses représentants légaux restent les options disponibles.

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