Depuis le 1er février 2025, le taux du Livret A est fixé à 2,4 % et cette valeur est reconduite pour l’ensemble de l’année 2026, conformément à la décision de la Banque de France et à l’arrêté du ministère de l’Économie. Pour des millions d’épargnants français, ce livret réglementé reste le premier réflexe d’épargne de précaution : simple, liquide, exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Mais avec un plafond de dépôts fixé à 22 950 euros pour les particuliers, il présente des limites structurelles. Au-delà de ce seuil, ou pour des objectifs d’épargne plus ambitieux, d’autres solutions méritent d’être examinées sérieusement. Cet article fait le point sur les caractéristiques exactes du Livret A en 2026 et présente les alternatives les plus pertinentes selon différents profils et horizons de placement.

Livret A 2026 : les caractéristiques essentielles à connaître

Le Livret A conserve en 2026 ses attributs fondamentaux qui expliquent son succès populaire. Le taux brut de 2,4 % s’applique sur l’intégralité des sommes déposées, sans aucune retenue fiscale : les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (17,2 %), ce qui en fait un taux net réel de 2,4 %, un avantage non négligeable par rapport à d’autres produits soumis à la flat tax de 30 %.

Le plafond de versement reste fixé à 22 950 euros pour les personnes physiques majeures. Les intérêts capitalisés peuvent toutefois porter le solde au-delà de cette limite. Pour les associations, le plafond atteint 76 500 euros. Les mineurs peuvent également détenir un Livret A, et il est fréquent que les parents en ouvrent un dès la naissance de l’enfant, avec le même plafond individuel applicable.

Les intérêts sont calculés par quinzaines, en appliquant la règle dite des « quinzaines » : tout dépôt effectué entre le 1er et le 15 du mois commence à produire des intérêts à partir du 16 ; tout dépôt effectué entre le 16 et la fin du mois génère des intérêts à partir du 1er du mois suivant. Il vaut donc mieux déposer avant le 1er ou avant le 16 pour optimiser le rendement, et retirer après le 1er ou après le 16 pour limiter la perte d’intérêts.

Chaque épargnant ne peut détenir qu’un seul Livret A, quel que soit l’établissement bancaire. Il est possible de l’ouvrir dans la quasi-totalité des banques : La Poste, le Crédit Mutuel, la Caisse d’Épargne, BNP Paribas, Société Générale, Boursorama Banque, Fortuneo, Hello Bank ou encore LCL proposent tous ce produit aux mêmes conditions réglementées.

Le LDDS et le LEP : les compléments réglementés souvent oubliés

Avant d’explorer des alternatives plus sophistiquées, il convient de rappeler que deux autres livrets réglementés peuvent compléter le Livret A sans fiscalité supplémentaire.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) partage le même taux de 2,4 % net en 2026, mais son plafond est limité à 12 000 euros par personne. Tout ménage composé de deux adultes peut donc théoriquement cumuler deux Livrets A (45 900 euros au total) et deux LDDS (24 000 euros), soit un capital exonéré et liquide pouvant atteindre près de 70 000 euros. Ce levier simple est souvent sous-utilisé.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) est encore plus avantageux pour les ménages éligibles. Son taux atteint 3,5 % net en 2026, avec un plafond de 10 000 euros. L’accès est conditionné à des plafonds de revenus fiscaux de référence : en 2026, le plafond est de 21 393 euros de revenu fiscal de référence pour une part. Environ 18 millions de foyers fiscaux seraient éligibles selon les estimations de la Banque de France, mais beaucoup n’en disposent pas encore. Ouvrir un LEP avant de chercher d’autres solutions reste la priorité absolue pour les ménages modestes et intermédiaires.

Ces trois livrets réglementés forment ensemble une base d’épargne de précaution solide, entièrement liquide et défiscalisée. Ils constituent le socle avant tout investissement plus long terme ou moins liquide.

Les livrets bancaires non réglementés : une alternative à manier avec prudence

Lorsque les plafonds réglementés sont atteints, certains épargnants se tournent vers les livrets bancaires non réglementés, également appelés comptes sur livret ou livrets boostés. Ces produits sont soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), ce qui réduit significativement leur attractivité nette.

En mai 2026, plusieurs banques en ligne proposent des taux promotionnels sur des durées limitées. Boursorama Banque, Fortuneo et Hello Bank pratiquent régulièrement des offres de bienvenue à 3 % ou 4 % brut pendant deux à quatre mois, avant un retour à des taux bien inférieurs. Sur une base annuelle et après fiscalité, ces offres restent donc souvent comparables, voire inférieures, au Livret A net de 2,4 %.

Il faut donc lire attentivement les conditions : durée de l’offre promotionnelle, plafond éligible à ce taux boosté, taux standard appliqué ensuite. Certains néobanques comme Monabanq ou BforBank proposent également ce type de livrets avec des conditions variables. Le point positif : ces livrets n’ont pas de plafond légal, ce qui permet d’y loger des montants plus importants en attendant une affectation définitive de l’épargne.

En pratique, les livrets non réglementés conviennent principalement à une épargne de transit : des fonds en attente d’affectation vers un investissement précis (apport immobilier, achat important) plutôt qu’à une stratégie d’épargne longue durée.

L’assurance vie en fonds euros : la grande alternative pour l’épargne moyen terme

Pour un horizon supérieur à trois ou quatre ans, l’assurance vie en fonds euros représente l’alternative la plus couramment citée au Livret A saturé. Les fonds euros garantissent le capital et offrent un effet cliquet : les intérêts acquis chaque année sont définitivement consolidés. En 2025, les taux servis sur les meilleurs fonds euros ont oscillé entre 2,5 % et 3,5 % brut selon les contrats et les assureurs, après prélèvements sociaux de 17,2 % prélevés annuellement à la source.

Les plateformes d’assurance vie en ligne comme Linxea, Fortuneo Vie, Placement-direct ou Spirica référencent des contrats aux frais réduits et aux performances historiquement supérieures aux contrats bancaires traditionnels. Il est essentiel de comparer les frais d’entrée (idéalement nuls en ligne), les frais de gestion annuels et la solidité de l’assureur sous-jacent.

La fiscalité de l’assurance vie est dégressive dans le temps : après huit ans de détention, un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s’applique sur les gains en cas de retrait, ramenant l’imposition effective à un niveau très favorable. Avant huit ans, les rachats sont soumis à la flat tax de 30 %. Cette contrainte de durée distingue clairement l’assurance vie du Livret A, qui reste l’outil de prédilection pour l’épargne de précaution immédiatement disponible.

Enfin, l’assurance vie offre un avantage successoral important : les capitaux transmis au décès échappent en partie aux droits de succession, dans la limite de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Cet atout patrimonial dépasse largement la seule comparaison de rendement avec le Livret A.

PEL, PEA et autres enveloppes pour aller plus loin

Le Plan d’Épargne Logement (PEL) ouvert depuis le 1er janvier 2024 offre un taux de 2,25 % brut, soit environ 1,57 % net après flat tax. Ce taux est inférieur au Livret A net, ce qui rend le PEL moins attractif sur le seul critère de rendement immédiat. Son intérêt réside dans les droits à prêt immobilier qu’il génère après quatre ans de détention et dans la discipline d’épargne qu’il impose (versements réguliers obligatoires, minimum 540 euros par an). Pour les projets immobiliers à horizon cinq ou dix ans, le PEL reste un outil cohérent malgré son rendement modeste.

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) s’adresse aux épargnants prêts à accepter une part de risque en actions européennes, avec un plafond de versement de 150 000 euros (225 000 euros pour le PEA-PME combiné). Après cinq ans, les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu et soumises uniquement aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour des horizons longs (huit à quinze ans), des courtiers comme Saxo Banque, Bourse Direct, Fortuneo ou Trade Republic permettent d’investir en ETF indiciels à très faibles frais sur un PEA.

Enfin, pour les épargnants salariés, le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) et le Plan d’Épargne Retraite (PER) méritent attention : l’abondement de l’employeur dans le PEE peut représenter un rendement immédiat sans équivalent, tandis que le PER offre une déductibilité fiscale à l’entrée particulièrement intéressante pour les contribuables imposés à 30 % ou 41 %. Ces enveloppes ne remplacent pas le Livret A mais le complètent dans une stratégie patrimoniale cohérente.

Comment arbitrer entre Livret A et ses alternatives en 2026 ?

La question n’est pas de choisir entre le Livret A et ses alternatives, mais de les articuler selon deux critères principaux : l’horizon de temps et le besoin de liquidité. Le Livret A reste irremplaçable pour constituer et maintenir une épargne de précaution représentant trois à six mois de dépenses courantes. Sa disponibilité immédiate, sa garantie totale et son absence de fiscalité en font le meilleur outil pour cet usage précis, quelle que soit la comparaison de taux avec d’autres produits.

Une fois ce matelas de sécurité constitué, les plafonds atteints ou les objectifs diversifiés, d’autres enveloppes prennent le relais. Pour une épargne projet à deux ou trois ans, un livret non réglementé ou un fonds euros accessible via une assurance vie convient. Pour un projet immobilier, le PEL ou l’assurance vie rachatable sont pertinents. Pour une construction de patrimoine à long terme, le PEA en ETF ou le PER déductible apportent des avantages fiscaux significatifs que le Livret A ne peut pas offrir.

Il n’existe pas de solution universelle. Un épargnant de 30 ans qui épargne 300 euros par mois n’a pas les mêmes besoins qu’un retraité de 65 ans qui cherche à placer un capital de 80 000 euros. Les simulateurs mis à disposition par des organismes comme l’AMF ou des agrégateurs financiers indépendants peuvent aider à clarifier les arbitrages. En cas de doute sur des montants significatifs, un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI), référencé à l’ORIAS, peut apporter une analyse personnalisée.

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Livret A 2026 : plafond, taux 2,4 % et vraies alternatives pour votre épargne

Livret A 2026 : taux 2,4 %, plafond 22 950 €, fiscalité. Découvrez aussi les meilleures alternatives pour optimiser votre épargne disponible.

Camille Aubert
Camille Aubert , Conseillère en Gestion de Patrimoine Indépendante (CGPI)
Publié le 12 mai 2026

Depuis le 1er février 2025, le taux du Livret A est fixé à 2,4 % et cette valeur est reconduite pour l’ensemble de l’année 2026, conformément à la décision de la Banque de France et à l’arrêté du ministère de l’Économie. Pour des millions d’épargnants français, ce livret réglementé reste le premier réflexe d’épargne de précaution : simple, liquide, exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Mais avec un plafond de dépôts fixé à 22 950 euros pour les particuliers, il présente des limites structurelles. Au-delà de ce seuil, ou pour des objectifs d’épargne plus ambitieux, d’autres solutions méritent d’être examinées sérieusement. Cet article fait le point sur les caractéristiques exactes du Livret A en 2026 et présente les alternatives les plus pertinentes selon différents profils et horizons de placement.

Livret A 2026 : les caractéristiques essentielles à connaître

Le Livret A conserve en 2026 ses attributs fondamentaux qui expliquent son succès populaire. Le taux brut de 2,4 % s’applique sur l’intégralité des sommes déposées, sans aucune retenue fiscale : les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (17,2 %), ce qui en fait un taux net réel de 2,4 %, un avantage non négligeable par rapport à d’autres produits soumis à la flat tax de 30 %.

Le plafond de versement reste fixé à 22 950 euros pour les personnes physiques majeures. Les intérêts capitalisés peuvent toutefois porter le solde au-delà de cette limite. Pour les associations, le plafond atteint 76 500 euros. Les mineurs peuvent également détenir un Livret A, et il est fréquent que les parents en ouvrent un dès la naissance de l’enfant, avec le même plafond individuel applicable.

Les intérêts sont calculés par quinzaines, en appliquant la règle dite des « quinzaines » : tout dépôt effectué entre le 1er et le 15 du mois commence à produire des intérêts à partir du 16 ; tout dépôt effectué entre le 16 et la fin du mois génère des intérêts à partir du 1er du mois suivant. Il vaut donc mieux déposer avant le 1er ou avant le 16 pour optimiser le rendement, et retirer après le 1er ou après le 16 pour limiter la perte d’intérêts.

Chaque épargnant ne peut détenir qu’un seul Livret A, quel que soit l’établissement bancaire. Il est possible de l’ouvrir dans la quasi-totalité des banques : La Poste, le Crédit Mutuel, la Caisse d’Épargne, BNP Paribas, Société Générale, Boursorama Banque, Fortuneo, Hello Bank ou encore LCL proposent tous ce produit aux mêmes conditions réglementées.

Le LDDS et le LEP : les compléments réglementés souvent oubliés

Avant d’explorer des alternatives plus sophistiquées, il convient de rappeler que deux autres livrets réglementés peuvent compléter le Livret A sans fiscalité supplémentaire.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) partage le même taux de 2,4 % net en 2026, mais son plafond est limité à 12 000 euros par personne. Tout ménage composé de deux adultes peut donc théoriquement cumuler deux Livrets A (45 900 euros au total) et deux LDDS (24 000 euros), soit un capital exonéré et liquide pouvant atteindre près de 70 000 euros. Ce levier simple est souvent sous-utilisé.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) est encore plus avantageux pour les ménages éligibles. Son taux atteint 3,5 % net en 2026, avec un plafond de 10 000 euros. L’accès est conditionné à des plafonds de revenus fiscaux de référence : en 2026, le plafond est de 21 393 euros de revenu fiscal de référence pour une part. Environ 18 millions de foyers fiscaux seraient éligibles selon les estimations de la Banque de France, mais beaucoup n’en disposent pas encore. Ouvrir un LEP avant de chercher d’autres solutions reste la priorité absolue pour les ménages modestes et intermédiaires.

Ces trois livrets réglementés forment ensemble une base d’épargne de précaution solide, entièrement liquide et défiscalisée. Ils constituent le socle avant tout investissement plus long terme ou moins liquide.

Les livrets bancaires non réglementés : une alternative à manier avec prudence

Lorsque les plafonds réglementés sont atteints, certains épargnants se tournent vers les livrets bancaires non réglementés, également appelés comptes sur livret ou livrets boostés. Ces produits sont soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), ce qui réduit significativement leur attractivité nette.

En mai 2026, plusieurs banques en ligne proposent des taux promotionnels sur des durées limitées. Boursorama Banque, Fortuneo et Hello Bank pratiquent régulièrement des offres de bienvenue à 3 % ou 4 % brut pendant deux à quatre mois, avant un retour à des taux bien inférieurs. Sur une base annuelle et après fiscalité, ces offres restent donc souvent comparables, voire inférieures, au Livret A net de 2,4 %.

Il faut donc lire attentivement les conditions : durée de l’offre promotionnelle, plafond éligible à ce taux boosté, taux standard appliqué ensuite. Certains néobanques comme Monabanq ou BforBank proposent également ce type de livrets avec des conditions variables. Le point positif : ces livrets n’ont pas de plafond légal, ce qui permet d’y loger des montants plus importants en attendant une affectation définitive de l’épargne.

En pratique, les livrets non réglementés conviennent principalement à une épargne de transit : des fonds en attente d’affectation vers un investissement précis (apport immobilier, achat important) plutôt qu’à une stratégie d’épargne longue durée.

L’assurance vie en fonds euros : la grande alternative pour l’épargne moyen terme

Pour un horizon supérieur à trois ou quatre ans, l’assurance vie en fonds euros représente l’alternative la plus couramment citée au Livret A saturé. Les fonds euros garantissent le capital et offrent un effet cliquet : les intérêts acquis chaque année sont définitivement consolidés. En 2025, les taux servis sur les meilleurs fonds euros ont oscillé entre 2,5 % et 3,5 % brut selon les contrats et les assureurs, après prélèvements sociaux de 17,2 % prélevés annuellement à la source.

Les plateformes d’assurance vie en ligne comme Linxea, Fortuneo Vie, Placement-direct ou Spirica référencent des contrats aux frais réduits et aux performances historiquement supérieures aux contrats bancaires traditionnels. Il est essentiel de comparer les frais d’entrée (idéalement nuls en ligne), les frais de gestion annuels et la solidité de l’assureur sous-jacent.

La fiscalité de l’assurance vie est dégressive dans le temps : après huit ans de détention, un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s’applique sur les gains en cas de retrait, ramenant l’imposition effective à un niveau très favorable. Avant huit ans, les rachats sont soumis à la flat tax de 30 %. Cette contrainte de durée distingue clairement l’assurance vie du Livret A, qui reste l’outil de prédilection pour l’épargne de précaution immédiatement disponible.

Enfin, l’assurance vie offre un avantage successoral important : les capitaux transmis au décès échappent en partie aux droits de succession, dans la limite de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Cet atout patrimonial dépasse largement la seule comparaison de rendement avec le Livret A.

PEL, PEA et autres enveloppes pour aller plus loin

Le Plan d’Épargne Logement (PEL) ouvert depuis le 1er janvier 2024 offre un taux de 2,25 % brut, soit environ 1,57 % net après flat tax. Ce taux est inférieur au Livret A net, ce qui rend le PEL moins attractif sur le seul critère de rendement immédiat. Son intérêt réside dans les droits à prêt immobilier qu’il génère après quatre ans de détention et dans la discipline d’épargne qu’il impose (versements réguliers obligatoires, minimum 540 euros par an). Pour les projets immobiliers à horizon cinq ou dix ans, le PEL reste un outil cohérent malgré son rendement modeste.

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) s’adresse aux épargnants prêts à accepter une part de risque en actions européennes, avec un plafond de versement de 150 000 euros (225 000 euros pour le PEA-PME combiné). Après cinq ans, les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu et soumises uniquement aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour des horizons longs (huit à quinze ans), des courtiers comme Saxo Banque, Bourse Direct, Fortuneo ou Trade Republic permettent d’investir en ETF indiciels à très faibles frais sur un PEA.

Enfin, pour les épargnants salariés, le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) et le Plan d’Épargne Retraite (PER) méritent attention : l’abondement de l’employeur dans le PEE peut représenter un rendement immédiat sans équivalent, tandis que le PER offre une déductibilité fiscale à l’entrée particulièrement intéressante pour les contribuables imposés à 30 % ou 41 %. Ces enveloppes ne remplacent pas le Livret A mais le complètent dans une stratégie patrimoniale cohérente.

Comment arbitrer entre Livret A et ses alternatives en 2026 ?

La question n’est pas de choisir entre le Livret A et ses alternatives, mais de les articuler selon deux critères principaux : l’horizon de temps et le besoin de liquidité. Le Livret A reste irremplaçable pour constituer et maintenir une épargne de précaution représentant trois à six mois de dépenses courantes. Sa disponibilité immédiate, sa garantie totale et son absence de fiscalité en font le meilleur outil pour cet usage précis, quelle que soit la comparaison de taux avec d’autres produits.

Une fois ce matelas de sécurité constitué, les plafonds atteints ou les objectifs diversifiés, d’autres enveloppes prennent le relais. Pour une épargne projet à deux ou trois ans, un livret non réglementé ou un fonds euros accessible via une assurance vie convient. Pour un projet immobilier, le PEL ou l’assurance vie rachatable sont pertinents. Pour une construction de patrimoine à long terme, le PEA en ETF ou le PER déductible apportent des avantages fiscaux significatifs que le Livret A ne peut pas offrir.

Il n’existe pas de solution universelle. Un épargnant de 30 ans qui épargne 300 euros par mois n’a pas les mêmes besoins qu’un retraité de 65 ans qui cherche à placer un capital de 80 000 euros. Les simulateurs mis à disposition par des organismes comme l’AMF ou des agrégateurs financiers indépendants peuvent aider à clarifier les arbitrages. En cas de doute sur des montants significatifs, un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI), référencé à l’ORIAS, peut apporter une analyse personnalisée.

Questions fréquentes

Le taux du Livret A peut-il changer en cours d'année 2026 ?
Le taux du Livret A est révisé deux fois par an, au 1er février et au 1er août, sur la base d'une formule officielle tenant compte de l'inflation (indice des prix à la consommation hors tabac) et des taux monétaires à court terme (Ester). Le gouverneur de la Banque de France formule une recommandation, que le ministre de l'Économie peut suivre ou moduler dans certaines limites. Pour 2026, le taux de 2,4 % a été confirmé lors de la révision de février. La révision du 1er août 2026 pourrait théoriquement conduire à une modification si l'inflation ou les taux monétaires évoluent significativement d'ici là. Aucun changement n'est assuré, mais aucun n'est exclu non plus. Les épargnants peuvent suivre les annonces officielles sur le site de la Banque de France ou du ministère de l'Économie.
Peut-on dépasser le plafond de 22 950 euros sur un Livret A ?
Les versements sont plafonnés à 22 950 euros pour un particulier majeur. Cependant, les intérêts capitalisés s'ajoutent au solde même lorsque celui-ci a atteint le plafond, ce qui permet au solde de dépasser légalement cette limite au fil du temps grâce à la capitalisation annuelle des intérêts. En revanche, aucun versement complémentaire en numéraire n'est possible une fois le plafond de versements atteint. Si votre Livret A est plein, la solution réglementaire naturelle est d'ouvrir ou d'alimenter un LDDS (plafond de 12 000 euros, même taux de 2,4 %) ou, si vous êtes éligible, un LEP (plafond de 10 000 euros, taux de 3,5 % en 2026). Ces deux livrets fonctionnent selon des règles similaires et offrent la même exonération fiscale totale.
L'assurance vie en fonds euros est-elle vraiment plus rentable que le Livret A ?
La comparaison dépend du taux servi par le contrat choisi et de la durée de détention. En 2025, les meilleurs fonds euros ont affiché des taux bruts entre 2,5 % et 3,5 %, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent chaque année, ce qui ramène un taux brut de 3 % à environ 2,48 % net. Cette performance est légèrement supérieure au Livret A net de 2,4 %, mais sans garantie de stabilité future. En dessous de huit ans de détention, les retraits sont soumis à la flat tax de 30 % sur les gains, ce qui pénalise les sorties anticipées. L'assurance vie est donc pertinente pour une épargne de moyen à long terme, pas pour remplacer un livret de précaution immédiatement disponible. Les contrats proposés par Linxea, Placement-direct ou Fortuneo Vie affichent généralement des performances supérieures aux contrats bancaires traditionnels en raison de leurs frais de gestion réduits.
Un mineur peut-il avoir un Livret A et qui en gère les fonds ?
Oui, un mineur peut détenir un Livret A dès sa naissance, avec le même plafond de versements de 22 950 euros et le même taux de 2,4 % net en 2026. Le livret est ouvert et géré par les représentants légaux (parents ou tuteurs) jusqu'à la majorité de l'enfant. À ses 18 ans, le jeune devient l'unique titulaire et gestionnaire du compte. Il est fréquent que des grands-parents ou des proches effectuent des versements sur ce livret, ce qui en fait un outil de transmission progressive accessible et sans frais. Attention toutefois : si l'enfant possède déjà un Livret A ouvert à sa naissance, les parents ne peuvent pas en ouvrir un second à son nom dans un autre établissement, la règle du livret unique par personne s'appliquant dès la naissance.
Quelle différence entre le Livret A et le compte sur livret ordinaire d'une banque ?
Le Livret A est un produit réglementé par l'État : son taux, son plafond et sa fiscalité (exonération totale) sont identiques dans tous les établissements. Un compte sur livret ordinaire, ou livret bancaire non réglementé, est un produit commercial dont les conditions sont librement fixées par chaque banque. Son taux peut être attractif ponctuellement grâce à des offres promotionnelles, mais il est soumis à la flat tax de 30 % sur les intérêts, ce qui réduit significativement le rendement net. Par exemple, un taux affiché de 3 % brut sur un livret non réglementé revient à 2,1 % net après flat tax, soit moins que le Livret A net à 2,4 %. Le compte sur livret ordinaire peut néanmoins être utile pour une épargne de transit sans plafond légal, en attendant une affectation définitive des fonds.

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